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Le débourrement, c'est pour quand ?

Modifié le 17/03/2022

Prévoir la date de débourrement permet d'anticiper et d'organiser ses chantiers de taille hivernale.

Le débourrement, c'est pour quand ?
Crédit Photo D. Bouscarle

La vigne est une plante dont le cycle est fortement dépendant des températures.


En début de saison, les pleurs sont déclenchés par l’augmentation de la température du sol qui relance l’activité du système racinaire. Le débourrement des bourgeons est en revanche conditionné par la température de l’air.

-          La levée de dormance. Elle dépend des températures basses. On considère qu’une dizaine de jours à température > 8°C suffisent pour lever la dormance.

-          Le débourrement effectif : l’activation de la multiplication cellulaire et de démarrage de la croissance des rameaux. Il dépend des températures hautes pendant une durée suffisante. Le seuil considéré est en général 10°C, et la durée nécessaire pour le débourrement dépend du cépage.


Une fois le seuil de débourrement effectif atteint, la vitesse de débourrement est elle aussi fortement corrélée avec la température de l’air. L’éclatement des bourgeons est d’autant plus homogène et rapide que les températures pendant cette période sont douces.

Le cépage joue

Tous les cépages ne débourrent pas en même temps. Les cépages à débourrement précoce comme le Vermentino ou le Viognier peuvent débourrer plusieurs semaines avant les plus tardifs comme l’Ugni Blanc ou le Mourvèdre. Comme la durée des cycles phénologiques et la vitesse de maturation sont assez homogènes pour nos variétés locales, la plupart des cépages à débourrement précoce ont aussi une maturité précoce ; excepté des cépages particuliers à maturation lente comme le Bourboulenc.


Des modèles pour calculer le débourrement

Il existe de nombreux modèles permettant de calculer la date de débourrement simplement à partir d’une somme de températures.

Une simulation hebdomadaire de ce modèle débourrement est disponible sur ce site sous l’onglet « Outils ».


Le graphique ci-dessous donne les valeurs des principaux cépages de France.


En considérant la date de débourrement comme la date à laquelle plus de 50% des bourgeons sortent de la bourre et passent au stade « pointe verte », voici les dates de débourrement théorique du Grenache calculées avec pour ces 7 dernières années à Orange : 3 avril 2015 ; 31 mars 2016 ; 20 mars 2017 ; 2 avril 2018 ; 31 mars 2019 ; 20 mars 2020 ; 31 mars 2021. Ces calculs ne tiennent pas compte des conditions du milieu, du mode de culture, de la vigueur de la vigne et de son âge, de la date de taille et du matériel végétal (porte-greffe) qui ont eux aussi un effet sur la date de débourrement. On constate malgré tout que pour les 20 derniers millésimes, ces dates correspondent à la réalité avec une erreur de maximum 5 jours. 


Les méthodes culturales

Le viticulteur peut modifier volontairement ou involontairement la date de débourrement :

−         en modifiant la température au niveau des yeux (conditions pédoclimatiques particulières, hauteur d’établissement des souches...)

−         en modifiant la circulation de la sève dans les bois, par la taille et l’arcure ;

−         en retardant le départ en croissance des yeux situés sur les parties médiane et basale des longs bois de taille par une taille tardive : cette pratique est parfois utilisée dans les parcelles gélives au printemps


Impact du Changement Climatique sur le débourrement

Le réchauffement climatique a pour conséquence des hivers plus doux qui pourraient dans le futur poser des problèmes d’accumulation suffisante de températures froides pour la levée de dormance, entraînant un débourrement hétérogène et incomplet. Le débourrement est de plus en plus précoce : il survient aujourd’hui en moyenne la dernière semaine de mars, soit deux semaines plus tôt que dans les années 1970. Cependant, le risque de gel de printemps reste le même et les bourgeons, débourrant plus tôt, ont donc une probabilité plus importante de geler pendant la première quinzaine d’avril. On pourrait assister de plus en plus fréquemment à des débourrements improbables fin janvier ou mi-février : il est nécessaire d’en tenir compte pour les futures plantations et ainsi éviter d’implanter des cépages précoces dans des zones plus sensibles aux risques de gel.